Une MRC nourricière en temps de pandémie

Une MRC nourricière en temps de pandémie

Dans un contexte de pandémie, nous avons contacté notre préfet de la MRC Rimouski-Neigette, M. Francis St-Pierre et notre député de Rimouski à l’assemblée nationale, M. Harold Lebel, afin de les entretenir à propos des questions entourant l’autosuffisance et la souveraineté alimentaire. Nous vous livrons l’essentiel de ce qu’ils ont écouté avec beaucoup d’attention.

Nous avons transmis une lettre au Conseil des maires pour leur rencontre plénière du mercredi 1e avril. Nous vous la partageons afin de vous tenir informé des démarches entreprises. Par la même occasion, nous vous invitons, vous aussi, à prendre contact avec vos éluEs afin de leur faire part de vos idées et préoccupations afin d’amorcer une transition écologique sur notre territoire dans les plus brefs délais. ➡️ https://www.mrcrimouskineigette.qc.ca/…/territoire-et-muni…/

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UNE MRC NOURRICIÈRE EN TEMPS DE PANDÉMIE

Bonjour M. St-Pierre,

Suite à notre discussion, nous espérons que ce qui suit vous semblera utile et vous inspirera. Cette proposition est susceptible d’être reprise partout au Québec à l’échelle locale.

Présentement, les mesures à prendre pour faire face à la covid-19 ressemblent beaucoup à celles qui seront nécessaires pour faire face à l’urgence climatique et pour s’y adapter. Toutes ces crises ont en commun de menacer les longues chaînes d’approvisionnement et notre alimentation qui en dépend. Le temps est propice pour susciter l’imaginaire de la population dans le sens de la résilience à l’échelle locale.

En 1981, le Québec voulait produire 83% de ses fruits et légumes à l’horizon de 2014 (tableau 1)*. Or, en 2004, cette proportion n’atteignait que 22,1% (tableau 2) et s’en allait vers le bas. Nous sommes bien conscients que la covid-19 risque d’entraîner d’autres fermetures de frontières et des ruptures d’approvisionnement en produits importés. Si nous voulons manger des fruits et légumes (qui devraient représenter la moitié de notre assiette), il faudra les produire ici et s’y mettre rapidement.

Les municipalités pourraient devenir des acteurs clefs dans l’organisation de cette production. Le PDAZ et le PAU constituent d’excellent outils pour y arriver et incarner ce que peut devenir une MRC nourricière.

En ce sens, quelques gestes simples et peu coûteux pourraient être posé :

1. En lançant un mot d’ordre de cultiver chaque endroit qui est à notre disposition

2. En modifiant dès maintenant leurs commandes de plantes ornementales pour cet été, pour les remplacer par des plantes comestibles

3. En fournissant un service de travail du sol par l’entremise des employés municipaux (tracteurs, machinerie)

4. En organisant la distribution de semences

5. En ouvrant des parcelles publiques dans les parcs et sur les terrains municipaux (si nécessaire)

6. En lançant un appel à la population pour augmenter la production du compostage et ainsi en maximiser la distribution

7. En consultant et réunissant les acteurs du secteur maraîchers pour bonifier les idées à mettre en commun afin de décupler cette production/transformation locale.

En parallèle afin de donner les moyens à la population de mettre l’épaule à la roue :

1. un encadrement pour aider les débutants à produire des transplants, gérer leurs cultures, etc.;

2. l’organisation de lieux dédiés à la production des transplants;

3. l’organisation de lieux pour la conservation des récoltes et un soutien sur la manière de le faire chez soi

4. tout autres mesures qui puissent permettre de maximiser notre résilience alimentaire locale.

L’agriculture est un des éléments au coeur du concept des villes en transition afin de faire face aux changements climatiques. Nous savons que l’ensemble des municipalités de la MRC Rimouski-Neigette font partie du Conseil climat. Ce conseil a été mis en place par M. Harold Lebel suite à l’engagement qu’il a pris lors de sa participation au forum ouvert que Rimouski en transition avait organisé en février 2019. C’est pourquoi, nous nous adressons à vous.

Pour pouvoir consommer local, comme il nous est demandé de le faire, il faut qu’il y ait une production locale capable de répondre aux besoins, ainsi que des infrastructures adéquates, tout en veillant à ce que ces denrées soient abordables pour tout le monde. Nous sommes persuadés qu’en nous y mettant toutes et tous ensemble, nous serons à même de relever ce défi et de réaliser ce que le Québec voulait mettre en place en 1981. Notre autonomie alimentaire en dépend.

Nous croyons que nous pouvons rebondir à partir de cette situation pour mettre en place de véritables solutions en collaboration avec vous nos élu.es municipaux.

Régionalement vôtre
Martin Poirier, Patricia Posadas, Marie Boirot et Annie Cayouette
Citoyen.ne.s du Mouvement Rimouski en transition.

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